
"Instinct Animal"
Il est 8h. Comme tous les jours, j‘étais dans le bus à contempler les gens à travers la vitre. Je tentais de deviner leur vie, leur goût, leurs convictions. Continuellement en train de tripper sur des situations qui pourraient m'arriver. Pourquoi cette façon de pensée ? Une autre question me mettait dans une situation de doute : Comment trouver sa place dans ce trust social composé de personnes qui se marchent sur la gueule et se haïssent pour simplement avoir la meilleure place de parking à Carrefour. Mais peut être que je ne faisais pas l'effort de m'accrocher à une vie qu'il me semblait trop réel pour l'aimer. J'imaginais, je rêvais, je vivais. Je pensais ne pas être un individu unique. Combien de personnes ont ce raisonnement, combien de personnes rêvent de se lâcher, de ne plus être subordonnées à des comportements humains, aux limites du correctement social. Les gens accumulent des échecs, des frustrations diverses, des désirs non assouvis et tout ça vient alimenter gracieusement un sentiment de haine bouillonnant. En ville, j'adorais marcher dans la direction inverse et culbuter les gens et me dire au fond de moi que je les emmerdais ces cons de moutons qui allaient tous dans le même sens. Certains diront que c'est une recherche perpétuelle d'originalité, d'autres diront de jouer le pseudo – rebelle est d’une puérilité déconcertante. Ils ont peut-être raison même sûrement mais je vis à travers ça. Combien de fois j'ai eu envie impulsivement de faire peur à quelqu'un pour me venger d'une agression visuelle ou verbale ? Comme si le respect naissait dans la douleur et la crainte d'autrui ! Je pense encore comme ça aujourd'hui. En tout cas concernant les imbéciles qui se construisent un jugement hâtif à travers tes saps, ta façon de marcher ou de t'exprimer. Ceci permet de combler un manque flagrant de charisme. C'est comme cette sensation qui apparaît en toi quand tu traverses la rue. Tu as cette impression d’être un aimant à cons. Et pan, ça ne loupe pas. Il va se foutre de ta gueule et rire aux éclats avant de se barrer avec ses potes. Ce qui restera pour lui une anecdote à raconter sera pour moi de l'essence à rancune. Mon sentiment d'animosité envers lui sera plus grand. Combien de fois j'ai eu envie d'attraper ce type de mec par le col et lui démolir son putain de sourire ! Voir son erreur à travers la peur qui coulerait aux extrémités de ses yeux, voilà ce que je voulais. C'était le seul moyen de me calmer. Le seul moyen de purger mes frustrations. Voir ce mec se faire humilier devant ces propres copains. Passer pour l'enfoiré de service, j'étais prêt à l'assumer. Paradoxalement j'ai envi souvent de passer inaperçu aux yeux des autres mais se serait m'offrir une vie trop banale. Mes montées de violences sont intérimaires et restent des chimères. Mon imagination réussit à canaliser cette haine qui ne cessera de grandir tout le long de ma vie. C'est grâce à ça que je trouve mon équilibre de vie sociale. La famille continue à être un bon modérateur. Il reste encore à parler. Ce n'est pas mon cas. Je stocke. Mon cerveau est un vrai hangar à situations dommageables. C'est peut être malsain, enfin…
Hadji
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