vendredi, décembre 09, 2005

2 nouvelles = les décolorés et leur armada de tarés

« Légende… »
J’ouvre le livre. Mon regard se fixe. Première description, banale, une femme et sa fille. Un homme se cache derrière elles. Le lieu est mort, triste. Regards méprisés, regards méprisables existent mais ne se croisent pas. L’homme est menaçant. Elles seront mortes à la prochaine page tournée. La légende, sergent SS, femmes juives, il gagna le concours.
(Hadj 2004)
« On a pas (encore) passé l'hiver »
J’étais resté dans ce camp pendant 3 longues années. 3 ans de ma chienne de vie pour un idéal éphémère. La foi patriotique passagère mais assez longue pour que je me fasse chopper. J’avais 19 ans quand je suis rentré pour la première fois dans l’abîme. Il faisait sombre. La première vision que je garde, c’est celle de ces lambeaux de chair. On n’avait pas affaire à des hommes mais à des pantins désarticulés, l’âme échappée et la conscience fuyante. La peur me saisissait. Première amputation, celle de l’esprit. On perdait peu à peu tous nos repères. Je voyais des gaillards être broyés par les conditions d’existence du camp. La brutalité du travail et la cruauté des capos nous empêcher de penser et de s’organiser. En nous déshumanisant, ils nous domestiquaient. Les coûts et les humiliations étaient notre solde pour travail rendu à la nation blonde. Sans nous en rendre compte, nous participions à la folie gammée. Ces obus, ces balles, toute cette artillerie allaient être au service du massacre organisé. Mais comment lutter. La vie avait abandonné l’esprit. Seul un sentiment assurait le réveil du matin : la haine. J’étais bouillonnant mais vivant. Chaque jour qui passait, les lits se libéraient pour recevoir de nouveaux esclaves. Les origines, toujours différentes : polonais, hongrois, roumains, français. Un vrai melting-pot concentrationnaire. Affaiblit mais toujours debout, mon cerveau devenait un véritable hangar à situations dommageables. Je me devais de vivre pour témoigner. C’était mon seul but, un but qui devenait la raison de mon existence. Etre debout. J’ai 22 ans. Les années aryennes ne m’ont pas achevé. Ma haine s’est mue en espoir. J’attends…
(Hadj 2004)

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